Aide d’urgence refusée à sept rescapés d’un drame suisse : polémique enflamme
La catastrophe survenue le jour de l’An dans la station valaisanne a bouleversé toute la Suisse. Alors que les autorités tentent d’apporter un soutien financier aux victimes, une décision administrative sème la consternation parmi certains rescapés et leurs représentants.
Un bilan humain catastrophique dans la station suisse
L’incident qui s’est produit au bar Le Constellation le 1er janvier dernier a causé une hécatombe sans précédent dans la paisible commune de Crans-Montana. Le drame a coûté la vie à 41 personnes et fait 115 blessés de diverses gravités.
Les propriétaires de l’établissement, Jacques et Jessica Moretti, sont aujourd’hui au cœur de l’enquête judiciaire. Le premier a d’ailleurs été récemment entendu par la justice helvétique pour faire la lumière sur les circonstances de cette tragédie.
Des rescapés exclus du dispositif d’urgence
Face à l’ampleur du désastre, les autorités ont mis en place une enveloppe d’aide d’urgence. Chaque victime éligible peut prétendre à 10 000 francs, soit environ 10 930 euros, complétée par une contribution fédérale de 50 000 francs.
Mais la distribution de cette aide financière ne fait pas l’unanimité. Sept rescapés se sont vu opposer un refus catégorique, les responsables estimant que leurs blessures ne présentaient pas une gravité suffisante.
Le critère contesté de l’hospitalisation
La principale pierre d’achoppement réside dans le critère retenu pour accorder l’indemnisation. Seules les personnes ayant nécessité une hospitalisation nocturne peuvent y prétendre, excluant de fait celles qui ont pu regagner leur domicile le jour même.
Cette approche administrative ne tient aucunement compte du traumatisme psychologique subi par les survivants, qu’ils aient ou non passé la nuit à l’hôpital.
Une polémique qui enfle
Mathias Reynard, conseiller d’État, défend cette politique en invoquant la nécessité d’établir une gradation des aides en fonction de la gravité respective des situations individuelles.
À l’opposé, Robert Assaël, avocat représentant plusieurs victimes, n’a pas mâché ses mots. Il qualifie la décision de « choquante » et « arbitraire », dénonçant notamment le fait que l’octroi de l’aide dépende exclusivement d’une hospitalisation de nuit.
Un recours possible
Les sept personnes écartées du dispositif ne sont toutefois pas dépourvues de moyens d’action. Elles conservent la possibilité de former un appel devant le Conseil d’État valaisan pour contester cette exclusion.
Cette voie de recours pourrait permettre de faire évoluer les critères d’attribution et de prendre davantage en considération les séquelles invisibles mais bien réelles de ce drame.

